EDITORIAL  OCTOBRE 2022

Le travail est-il une valeur ? comment développer le sens au travail ?

Ce débat est largement engagé, et relayé par des intervenants de différents horizons. Cette question, bien sûr, en cache une autre, celle du sens au travail. Tout le monde semble aujourd’hui redécouvrir ces notions, depuis l’ANACT jusqu’aux représentants syndicaux, en passant par les branches professionnelles et les services de la DREETS ou de la CARSAT.

Ce n’est pas un mal. La valeur travail, le sens au travail, sont au premier plan du bien-être des salariés et de leur santé, tout autant que de l’efficacité et de la qualité du travail. Et il est intéressant de noter que ces deux notions relèvent toutes les deux d’un même niveau psychologique : celui des représentations subjectives que chacun se fait du travail.

La valeur du travail n’existe pas en soi, de même que le sens au travail ne s’institue pas. Cette vérité fondamentale doit être répétée, de façon à ce que personne ne vienne occuper le terrain de leur définition, que ce soit en vertu d’une technique, d’une politique ou d’un dogme.

De même doit être répétée cette autre vérité conjointe à la première : la valeur du travail comme le sens au travail sont des « construits » psychosociaux (au sens de l’école  constructiviste), c’est-à-dire qu’ils sont fabriqués par le sujet, dans une interaction permanente et évolutive.

Comment s’élaborent ces identifications ? la psychosociologie y répond : elles se développent dans la confrontation entre ce que propose l’environnement social (c’est-à-dire les signifiants et les surfaces de projection proposés par le milieu du travail), et les choses auxquelles les personnes accordent du crédit et de l’importance (c’est-à-dire tout ce qui peut leur apporter des satisfactions et des bénéfices intimes). C’est dire qu’aucun de ces deux niveaux n’est en soi porteur de valeur ou de sens, il faut organiser leur rencontre et faire fructifier leur interaction.

Ainsi nos actions en la matière passent toujours par la création dans l’entreprise de dispositifs favorables à ces constructions interactives. Tout en étant bien clair sur deux choses :  toutes les avancées en la matière devront coordonner les dimensions individuelles et collectives, et comme toutes choses évoluent en permanence, le sujet comme son environnement, leur rencontre est toujours à recréer dans un mouvement créatif permanent.   

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