EDITORIAL DE DECEMBRE 2021

Depuis la parution le mois dernier de notre livre sur la « Qualité de Vie au Travail », on m’interroge beaucoup pour savoir si cette préoccupation d’améliorer le bien-être au travail et l’efficacité des organisations est bien d’actualité, étant donné les chocs et les transformations importantes que subissent nos systèmes sociaux avec la pandémie.
La question peut sembler légitime, surtout pour les établissements qui font face à d’énormes problèmes d’organisation, ou à des drames humains liés à la gravité du virus.


Pourtant, une forme de vérité s’impose peu à peu : c’est lorsque les organisations sont fragilisées et doutent d’elles-mêmes qu’elles deviennent plus réceptives à de nouvelles propositions, à de nouveaux modèles du « mieux travailler ensemble ». Le fait est que les démarches d’amélioration de la QVT ne semblent pas ralentir dans les organisations de travail, couplées parfois il est vrai de réflexions sur la gestion des risques et des risques psychosociaux. Et nos plus belles histoires de QVT, les plans d’action les plus audacieux et les plus réussis, émergent de cette période troublée, malgré les difficultés d’effectifs, de présence au travail, de charges cumulées. Si les failles du système peuvent laisser apparaitre de graves insuffisances organisationnelles longtemps camouflées sous les habitudes ou la fatalité, elles montrent aussi des trésors de richesses insoupçonnées, des qualités humaines inattendues, de la créativité, de l’ingéniosité, de l’espoir.


Ce constat n’est pas sans nous rappeler bien sûr la définition de la QVT donnée par l’Accord National Interprofessionnel de juin 2013 dans son préambule, et surtout sa dernière proposition : « La qualité de vie au travail désigne et regroupe sous un même intitulé les actions qui permettent de concilier à la fois l’amélioration des conditions de travail pour les salariés et la performance globale des entreprises, d’autant plus quand leurs organisations se transforment ». Certes, il ne faut pas que ces transformations soient trop importantes, car on ne construit rien sur un sol mouvant en permanence. Mais le changement a toujours été et sera toujours un terreau fertile pour l’évolution, si on sait l’accompagner, le partager, et en faire une richesse plutôt qu’un fardeau. Concevons les troubles causés par la pandémie sur nos organisations comme une opportunité pour améliorer collectivement notre qualité de vie au travail.

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